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Mon adresse email est dans une fuite de données : que faire ?

Vous venez d'apprendre que votre adresse apparaît dans une fuite — par un mail d'alerte, un article, ou un test en ligne. Pas de panique : dans la plupart des cas, quelques gestes bien choisis suffisent. Voici l'ordre qui compte.

D'abord : toutes les fuites ne se valent pas

Avant d'agir, regardez ce qui a fuité, pas seulement . Une fuite qui expose un mot de passe ne se traite pas comme une fuite qui expose une adresse postale. Trois familles :

  1. Mot de passe exposé — le cas le plus urgent : quelqu'un peut essayer de se connecter à vos comptes.
  2. Données bancaires ou d'identité (IBAN, pièce d'identité) — pas d'urgence à la minute, mais un risque qui dure des années.
  3. Coordonnées (nom, adresse, téléphone, achats) — rien à « changer », mais des arnaques ciblées à prévoir.

Pour savoir ce que contient précisément la fuite qui vous concerne, consultez notre registre des fuites : chaque page détaille les données exposées et leur gravité.

Étape 1 — Si un mot de passe est exposé : changez-le, au bon endroit

Changez d'abord le mot de passe sur le site qui a fuité. Puis posez-vous la vraie question : ce mot de passe sert-il ailleurs ? C'est là que se produisent la plupart des piratages — les pirates testent automatiquement les couples adresse + mot de passe fuités sur les boîtes mail, Amazon, Netflix, les banques. Une variante proche (le même mot avec « 2024 » ou « ! » au bout) compte comme le même mot de passe.

Si la liste des comptes à reprendre vous décourage, commencez par deux : votre boîte mail et votre banque. Ce sont les seuls comptes qui permettent de récupérer tous les autres. Notre guide dédié détaille la marche à suivre : mon mot de passe est compromis, que faire ?

Étape 2 — Verrouillez votre boîte mail

Votre boîte mail est la clé de voûte : c'est elle qui reçoit les liens « mot de passe oublié » de tous vos autres comptes. Activez-y la double authentification (validation par téléphone ou par application) — 5 minutes dans les réglages du compte, et même un mot de passe volé ne suffit plus à y entrer.

Étape 3 — Attendez-vous à des messages qui vous connaissent

Après une fuite, les arnaques changent de visage : fini le spam grossier, place aux messages qui citent votre vrai nom, votre vraie adresse, votre vrai opérateur. Un e-mail « votre colis est bloqué », un SMS « votre compte va être suspendu », un appel « du service fraude de votre banque » — tous rendus crédibles par vos données fuitées.

Le réflexe qui protège de tout : ne donnez jamais suite à un message inattendu, même bien renseigné. Revenez vous-même vers le site ou le numéro officiel. Et signalez : transférez les SMS frauduleux au 33700, signalez les e-mails sur signal-spam.fr, retrouvez les bons réflexes sur cybermalveillance.gouv.fr. Le détail des scénarios est dans notre guide sur les arnaques après une fuite.

Étape 4 — Si des données bancaires sont concernées

Un IBAN volé ne permet pas, seul, de vider un compte : un prélèvement exige un mandat, et les banques contrôlent. En revanche, il rend l'arnaque au faux conseiller très efficace. Deux règles — et le détail complet dans notre guide mon IBAN a fuité :

  1. Jetez un œil régulier à vos relevés. Un prélèvement non autorisé se conteste auprès de votre banque jusqu'à 13 mois après — la banque est en principe tenue de vous rembourser.
  2. Une vraie banque ne vous demandera jamais de valider une opération, de lire un code reçu par SMS ou de « déplacer votre argent en sécurité » par téléphone. Si on vous le demande : raccrochez, rappelez le numéro au dos de votre carte.

Ce qu'il ne faut pas faire

  1. Ne payez jamais un service de « nettoyage du dark web » : des données publiées ne peuvent pas être retirées, c'est une promesse impossible à tenir.
  2. Ne répondez pas aux mails de chantage (« je connais votre mot de passe… ») : l'expéditeur l'a lu dans une fuite, il n'a rien piraté chez vous. Répondre confirme que l'adresse est active.
  3. Ne changez pas tout dans la panique : mieux vaut deux comptes bien sécurisés (boîte mail, banque) que vingt mots de passe changés à la va-vite et notés sur un post-it.

La prochaine fuite, soyez prévenu le jour même

Une fuite est souvent révélée des mois après les faits — et vous ne pouvez pas vérifier chaque semaine. Veillify surveille vos adresses toute l’année : un débrief chaque mois, une alerte le jour même quand une nouvelle fuite vous touche, avec les gestes à faire expliqués en français. À partir de 10 €/an, soit 83 centimes par mois.

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Questions fréquentes

Dois-je changer d'adresse email après une fuite ?

Non, sauf cas extrême. Une adresse email est faite pour être connue — ce qui compte, c'est que les comptes qu'elle ouvre soient bien protégés : mots de passe uniques et double authentification. Changer d'adresse est une opération lourde qui ne supprime pas les données déjà fuitées.

Être dans une fuite, est-ce que ça veut dire que j'ai été piraté ?

Non. Une fuite signifie qu'un site où vous aviez un compte s'est fait voler ses données. Votre ordinateur et votre boîte mail n'ont pas été touchés. Le risque vient de ce que des inconnus peuvent faire avec ces données : tenter vos mots de passe ailleurs, ou vous cibler avec des arnaques crédibles.

Combien de temps le risque dure-t-il après une fuite ?

Ça dépend des données. Un mot de passe fuité est dangereux tant qu'il sert encore quelque part. Les données bancaires ou d'identité restent exploitables des années. Les simples coordonnées alimentent durablement le démarchage frauduleux — d'où l'intérêt d'une surveillance dans la durée plutôt que d'une vérification unique.